En jetant un oeil sur le site du monde, je tombe sur un article sur la surpêche que subit le thon rouge. Cet article est intéressant car il symbolise à lui seul les travers de notre société de consommation.
Au départ, une ressource: le thon rouge. Apprécié pour sa chair et ses apports nutritionnels l’homme s’est mis à le pêcher. Jusqu’à là, pourquoi pas. Mais la société que nous avons construit considère que toute activité humaine doit croître d’année en année. Cette démarche s’applique donc également à la pêche au thon. Le seul petit problème, c’est que le thon est une ressource vivante qu’il est nécessaire, voir impératif de laisser se reproduire si nous voulons en consommer l’année suivante. Si on en pêche un peu, la population de thon continuera à croître. On peut toutefois en pêcher plus jusqu’à un point d’équilibre où la quantité pêchée stabilise la population de thon. Si on dépasse cet équilibre, plus de solution, la population se réduira jusqu’au dernier.
La population humaine augmentant, tout le monde veut sa part de thon, et chacun veut que son affaire prospère de plus en plus chaque année. La quantité de thon n’étant pas infini, si l’on veut rester en dessous du point d’équilibre nécessaire à la continuité de l'espèce consommée, il est impératif que chacun en pêche de moins en moins si on est de plus en plus à le pêcher... Malheureusement, les marchés n’ont rien de raisonnable, encore moins d’équitable, la pêche au thon menace donc sérieusement la survie de l’espèce. Personne ne voulant renoncer à sa part, le thon est aujourd’hui condamné à disparaître.
Des mesures on certes été prises, mais quelles mesures!
voici les chiffres
29 500 tonnes : quota de pêche au thon rouge autorisé en 2007 dans la zone l'Atlantique est et la Méditerranée.
15 000 tonnes : niveau de prise au-delà duquel le renouvellement du stock de thon rouge n'est pas assuré.
50 000 tonnes : niveau de prise estimé, pêche illégale comprise. L'essentiel va engraisser dans des fermes marines.
Voilà comment on sacrifie une espèce pour gagner quelques argents dans une vue à très court terme. Une vision à plus long terme nous inciterai à beaucoup plus de modération dans notre consommation de thon, mais manifestement beaucoup se disent qu’ils seront mort avant que le thon disparaisse... Au rythme où ça va, pas sûr...
Alors puisque mes frères humains ont à ce point peur de manquer de thon rouge, je crois qu’il est plus sage pour moi de renoncer et de leur laisser ma part. Puissions nous être plus chanceux que les thons...