Nous avons tendance à croire que manger bio est un geste écologique. C’est en partie vrai, mais pas systématique...
en fait, plusieurs préoccupations peuvent nous amener à manger bio. L’une d’elle est l’envie de manger sainement pour préserver sa santé. Lorsque c’est cette seule motivation qui nous pousse à
manger bio, nous pouvons manger des fraises bio en hiver sans se soucier des kilomètres parcourus et de la pollution engendrée par leur transport. Mais globalement si on mange bio, c’est quand même
avec l’espoir d’avoir une démarche cohérente entre santé et environnement.
Toutefois, lorsque je vais à ma coopérative bio, la majorité des fruits et légumes proviennent de contrées fort lointaines... quand aux produits déjà préparés, ils peuvent venir du bout du monde.
Alors comment consommer bio et être écolo?
Si je dis cela, ce n’est pas dans l’idée de culpabiliser qui que ce soit, c’est simplement qu’aujourd’hui on nous place devant un choix pas toujours facile à faire...
On sait qu’aujourd’hui, la production bio française ne suffit pas à satisfaire la demande. Certains on la chance de pouvoir être bio et écolo en se fournissant dans une AMAP locale par exemple,
mais comme il n’y en a pas assez pour tout le monde, il faut bien que nous importions une grande quantité de produits bio pour fournir les autres. Mais manger des produits bio de l’autre bout du
monde, c’est manger des produits qui ont respecté la nature pendant la production, mais qui ne la respecte plus pendant le transport.
Voilà un choix quasi cornélien... Si aujourd’hui nous sommes face à ce choix, c’est essentiellement parce que les pouvoirs publics tardent à développer la filière bio. Alors que la demande de
produits bio continue de croître, le développement de la filière bio en France est d’une incroyable lenteur. Alors que la prise de conscience sur la qualité de l’alimentation et l’impact de
celle-ci sur l’environnement se généralise, les pouvoirs publics hésitent encore à promouvoir la filière bio de manière efficace.
Et c’est bien dommage, car la transition vers le bio ne se fait pas en un claquement de doigt. La grande majorité des sols sont archi-saturés de produits phytosanitaires, et vouloir passer au bio,
commence nécessairement par le “nettoyage” du sol. Il faut attendre plusieurs années avant que le sol puisse permettre la culture biologique. Plus on tarde à effectuer cette transition, plus elle
sera difficile. C’est maintenant qu’il faudrait agir.
En attendant, pour que bio puisse rimer avec écolo, il nous faut gérer nos achats bio avec une certaine dose de responsabilité, et, pour revenir à notre exemple du début, éviter de manger des
fraises en hiver même si elles sont bonnes et bio...