A quelques jours des élections présidentielles, les machines à voter font autant parler d’elles que les candidats. Beaucoup de gens doutent de leur intégrité, tant ces machines faciliteront la fraude. Le point faible de ces machines, est l’incapacité de pouvoir vérifier le résultat annoncé. Ces machines ne disposent d’aucunes méthodes fiables capable de rassurer les votants et ceux pour qui l’on vote. Puisqu’il serait dommage de refuser le progrès, je me lance dans une proposition permettant de rendre ces machines fiables. Je le fais sans aucune prétention, je ne travaille pas dans les machines à voter, je lance juste mon idée en l’air pour voir où elle retombe.
Une élection présidentielle est dans le principe assez simple, une liste de candidat, des votant qui choisissent un candidat parmi la liste, on compte et c’est fini. Pour sécuriser cette procédure, il est impératif qu’il y ai émission d’une trace papier du choix. Bien évidemment, il est pas question d’imprimer un bulletin de vote avec le nom pour qui l’on a voté...
Une fois dans l’isoloir, la personne qui vote sur machine récupère un reçu. Sur ce reçu, deux numéros. Un numéro d’identifiant unique, bien évidemment non lié à l’identité du votant, un peu comme le numéro de transaction sur un ticket de carte bleu. Et un numéro correspondant au nom du candidat chiffré par un algorithme don le numéro d’identifiant servirait de clé privé. Je m’excuse d’être un peu technique, mais en deux mots ça veut dire que pour décoder le nom du candidat, il faut deux numéros, la clé privée (unique par votant) et la clé public (commune à tous les votants). Ce codage est nécessaire pour assurer la confidentialité de son vote sur le reçu, et qu’un nom de candidat ne corresponde pas toujours au même numéro.
Dans le même temps sur la machine, une bande papier est imprimé avec le numéro d’identifiant unique du votant ainsi qu’un code barre correspondant au candidat choisi. C’est ce rouleau de papier qui servira de vérification officielle, puisqu’il pourra être lu de façon indépendant par tout candidat qui conteste l'élection. Il récupère la bande, l’insère dans une machine de son choix, qui va dérouler la bande est compter les votes par une lecture code barre. Aucune difficulté technique.
Le dernier point de sécurisation c’est de rendre public le listing des votants. Une grande liste indigeste de numéros... Par exemple accessible par internet, publié au journal officiel, ou autre chose. Toute personnes pouvant ainsi vérifier que le vote enregistré sous son numéro correspond bien au candidat choisi. Elle cherche son numéro dans la liste est vérifie qu’elle retrouve bien son choix de vote. bien sûr, l’idée n’est pas que tout le monde se jette sur la liste pour vérifier bien que ce soit possible, seul ceux qui auront envie de contester les chiffres ( généralement ceux qui ont perdu l’élection) le feront. L’essentiel c’est que le moyen de vérification existe.
Si il y a fraude, la personne qui voudra vérifier son vote ne retrouvera pas son vote sur le listing et pourra le faire savoir (normalement elle ne devrait pas être seule...) On ressortira donc la bande de papier pour la confronter à son reçu.
Bien évidemment, ce système n’est pas infaillible à 100%, mais globalement le niveau de sécurité devrait suffire à faire le consensus.
Il existe bien d’autre façon de sécuriser le vote électronique, nous le faisons déjà pour les transactions bancaires, les jeux de loto ou tiercé etc. Ne pas les mettre en place sur les machines à voter est un choix qu’il est difficile de comprendre. Sans moyen de vérification, la fraude est à la porté du premier pirate venu ou pire encore, les machines de votes étant installées par le pouvoir en place, la tentation serait grande de faire en sorte que les chiffres sortis par ces machines privilégient le pouvoir en place... car strictement aucun moyen de vérifier sauf à dire, c’est contrôlé par huissier...
Ajout du 20 Avril
Sur plusieurs commentaires, l'argument avancer pour justifier le vote électronique est l'économie de papier. Or à mon sens, ce n'est pas l'objectif premier du vote éléctronique. Il ne viendrait à personne de renoncer au papier pour tout ce qui est acte de propriété, contrat ou autre, car la trace écrite est importante. Le papier se justifie donc dans certain cas, et se justifie pleinement dans l'exercice démocratique.
La fiabilité des machines est une choses, et franchement, il n'existe aucune difficulté majeur pour les machines de compter des voix lors d'une éléction. Le point faible des machine à voter, c'est la confiance qu'elles inspirent et surtout la facilité avec laquelle il serait facile de truquer une élection pour un gouvernement en place mal intentionné. La présence du papier pour éditer un petit reçu (qui n'a pas besoin d'être aussi grand qu'un bulletin de vote), et imprimer une bande contenant les votes (de taille modeste puisqu'elle ne comporte que des codes barres), se justifie donc ici pleinement comme trace écrite, et garantie que l'élection n'est pas truquée. L'impression d'un reçu et d'une bande, consommerait certes du papier, mais beaucoup moins que lors d'une élection classique. Je pense que sans exagérer, nous pouvons atteindre une réduction de l'émission de papier d'au moins 70%, ce qui n'est pas rien.
Si c'est le gouvernement qui choisi de mettre en place le vote électronique pour supprimer le papier, cela peut être interprété comme une volonté de supprimer toute trace... Si l'on veut vraiment faire des économies de papier, il existe des domaines plus pertinents pour le faire avant de s'attaquer au papier nécessaire aux élections, qui est tout simplement négligeable par rapport à la consommation de papier nationale.
A mes yeux, les seuls bénéfices à rechercher avec le vote électronique, c'est la facilité de dépouillement et de comptage, procédure qui demande aujourd'hui des jours jusqu'à ce que les votes soient tous regroupés à la préfecture du département, puis des régions, puis enfin au niveau national. N'oublieons pas que les résultats annoncés le soir d'une élection, ne sont que les premieres tendances dû aux premiers comptage. Le resultat officiel n'est publié que plusieurs jours après.