Les récents événements de la gare du nord ont ramené le problème des banlieues dans la campagne. Ça tombe bien, j’avais envie d’aborder ce sujet depuis quelques temps. C’est un sujet délicat, et chacun y va de son analyse pour vendre sa solution...
Si il y a une chose qui est juste au sujet des banlieues, c’est qu’on appelle cela le problème des banlieues et non le problèmes des immigrés, des chômeurs ou des pauvres. C’est déjà pas mal, on semble bien d’accord sur le fait que c’est un problème d'environnement plus que de personnes. Sauf hypocrisie manifeste, on ne peut dissocier le comportement de quelqu’un de son environnement. Bien sûr, les champions de la répressions ont vite fait de dire que c’est trop facile de tout mettre sur le dos de l’environnement et pourtant, l’environnement est primordial dès que l’on parle de comportement humain.
Prenons le cas du travail par exemple. Combien de gens bien pensants, vivant dans un environnement privilégié, avec une famille presque idéale en arrive à “péter les plombs” dans un environnement de travail oppressant, stressant. Ceux qui sont victimes de harcèlement moral savent à quel point un environnement malsain peut conduire à se comporter de façon complètement inhabituelle et incontrôlée.
Autre exemple, il suffit de voir les sommes que sont prêts à investir les familles aisées pour l’éducation de leurs enfants, pour se rendre compte à quel point nous sommes conscient de la nécessité de créer un environnement propice à la réussite. Les exemples montrant l’influence de l’environnement sur le comportement sont nombreux, on pourrait parler de simples conditions de circulation difficiles capablent d'énerver le plus gentil des citoyens.
L’être humain est par nature sensible à son environnement. Lorsque on a fait les banlieues, nous avons créé un environnement de vie. Or, à la longue, cet environnement s’est montré incapable de procurer à ceux qui y vivent les conditions nécessaires que chacun de nous est en droit d’attendre. Face à ce constat, certains candidats n’ont qu’un mot à la bouche: “répression”. Mais ce n’est pas la répression qui résoudra les problèmes de banlieues. Bien sûr, la répression il en faut un peu pour faire face à l’immédiat. Mais il faut surtout un vrai travail en profondeur pour modifier de façon durable l’environnement de vie des banlieues. Lorsque la droite est passée au pouvoir en 2002, la première chose “intelligente” qu’elle a trouvé à faire est de supprimer les subventions des associations de quartier sous prétexte qu’on n’achète pas la paix sociale. Ça n’a rien à voir, les associations de quartiers, c’est ce qui redonne une dimension humaine aux cités. C’est ce qui renoue des liens entre les individus, c’est un travail de fond, souvent fait par des bénévoles pour redonner vie à leur quartier. Les supprimer était une erreur grave, qui a conduit directement aux émeutes. La banlieue a explosé de n’être redevenue que des cités dortoir. Le gouvernement c’est vanté ensuite d’avoir débloqué un budget pour les banlieues, alors qu’il n’a fait que remettre les budgets qu’il avait lui même supprimé...
Lorsque j’entends Mr Sarkozy dire qu’il aidera ceux qui veulent s’en sortir, ça n’a pas de sens... C’est comme si on disait à un enfant si tu veux que je te paie des cours de maths commencent par avoir des bonnes notes en maths... Pour que les jeunes s’en sortent, il faut créer les conditions de la réussite, créer les conditions pour ne pas gâcher le potentiel des banlieues. Ces conditions aujourd’hui elles n’y sont pas.
On entend souvent dire que les lois de la République doivent s’appliquer en banlieue. soit! mais la République à des devoirs vis-à-vis de la banlieue. La république doit s’assurer que l’égalité des chances pour chacun est respectée. Cette égalité aujourd’hui n’existe pas.
L’idée, n’est bien sûr pas de se mettre du côté des casseurs ou des fraudeurs, ni même d’excuser leur geste, mais lorsque je mets une casserole d’eau sur le feu, je ne suis pas étonné de voir l’eau bouillir. de même, quand je vois comment le gouvernement traite le problème des banlieues, je ne vois pas comment la situation pourrait en être autrement...