Être le changement que nous voulons voir dans le monde. Gandhi.
La société avance vite, nos cafés chauffent en quelques secondes, nous commandons quelque chose que nous nous faisons livrer en 24h chrono, notre quotidien fourmille d’exemples où le temps nécessaire à quelque chose s’est réduit au minimum.
Le travers de cela, c’est que maintenant, nous ne savons plus attendre. Notre patience s’amenuise au profit du « tout, tout de suite ». Nous n’acceptons plus d’attendre. Que notre ordinateur mette un peu de temps à se lancer et on râle, que le film commence en retard et on râle, que la personne devant nous mette du temps à démarrer au feu vert et on râle…
Les files d’attentes sont devenues interminables, et quand nous y sommes, nous maudissons nos semblables. « qu’est-ce qu’il fout l’autre devant ? trois plombes pour demander un timbre ! », « bon elle le bouge son gros c.. la madame ! ». Notre emploi du temps dépend des personnes qui sont devant nous, et nous n’aimons pas ça ! Ils le font forcement exprès. Ils ont vu qu’on était pressé alors ils prennent leur temps. L’idée que la raison de leur présence dans la file soit plus importante que la nôtre ne nous effleure même pas, que leur emploi du temps soit plus important que le notre : impossible ! Nous sommes la personne qui souffre le plus de cette attente.
Pourtant la patience est une belle vertu, mais on se dit qu’être patient c’est accepter de perdre du temps, et nous n’avons plus de temps à perdre. C’est vrai, dans une file d’attente nous ne pouvons pas faire grand chose, mais pourquoi considérons nous ce temps comme perdu ? Parce qu’il ne peut pas être mis à profit pour autre chose ? sommes nous vraiment démunis lorsque nous n’avons rien à faire ? Nous avons pourtant toujours notre capacité d’analyse et de réflexion avec nous, cela ne nous quitte jamais. Mais bizarrement si nous n’avons rien à faire, nous ne savons plus alimenter seul notre réflexion ou notre rêverie. Même cela nous l’avons sous-traité à notre société moderne.
Et c’est dommage, car ces temps d’attente peuvent être mis à profit pour faire un petit retour sur soi, réfléchir, philosopher ou simplement rêver. Prendre le temps d’observer les gens, de voir à quel point ils nous ressemblent dans cette course contre le temps. Et si on les observe bien, c’est nos propres défauts que nous voyons. Nous commençons à prendre une sorte de recul, comme si l’on s’élevait au dessus de cette agitation, et on sourit. On sourit de nous-mêmes, de se voir pris dans cette agitation permanente. D’un coup, le temps prend une autre dimension, notre pensée change de rythme et soudain…
c’est à nous !