C’est certainement l’envie d’une vie meilleure qui a conduit l’homme à vivre en société. Ainsi, il pouvait faire face au danger à plusieurs, se reposer pendant que d’autre veillaient, se partager les tâches comme la cueillette, la chasse, la cuisine, la construction d’abri, s'occuper des plus jeunes etc. Ce système a très vite montré son efficacité pour améliorer la vie de chaque membre du clan. L’individu se sentait appartenir à un groupe et la notion d’entraide en assurait la cohésion. La société devenant de plus en plus évoluée, les activités se multiplièrent. Chacun avait une activité spécifique, on rendait service à la communauté, et la communauté apportait sécurité et confort en échange.
Au fil du temps, cet échange a évolué. Quand le chasseur partageait sa viande avec l’agriculteur, l’agriculteur n’était pas forcement capable de lui rendre service immédiatement. La récolte n’ayant pas encore eu lieu. De même, si celui qui faisait l’élevage demander une aide pour refaire sa hutte, la personne qui venait l’aider n’avait pas forcement besoin d’un fromage tout de suite ou même, n’en avait pas envie.
C’est pour rendre le troc plus souple que l’homme inventa la monnaie. On donna une valeur aux choses, on matérialisa ensuite cette valeur avec des coquillages ou autre, et plutôt que de s’échanger des services, on échangeait un service contre de la monnaie, avec laquelle on pouvait ensuite obtenir le service de son choix. L’idée était révolutionnaire. Toutefois, les fondements de la vie en société restaient les mêmes. Les hommes bénéficiaient des avantages de la société en échange d’une solidarité sans faille.
En fixant une valeur juste des choses, la réserve de monnaie que chacun pouvait constituer était l’image des services qu’il avait rendu. On aurait très bien pu continuer ainsi, la monnaie n’étant qu’un moyen pour s’échanger des services au sein d’une société basée sur la solidarité de ses membres.
Quelques milliers d’années plus tard, les sociétés humaines ont bien changé... La monnaie n’est plus un moyen mais une fin en soi. Accumuler de la monnaie est devenu le but d’une vie. Les valeurs humaines qui soudaient les sociétés par le passé ont complètement disparu au profit d’un seul but: s’enrichir. L’argent a réveillé et développé les sentiments les plus bas de l’homme, l’égoïsme, l’avidité, la jalousie. Le sort de nos semblables est devenu dérisoire au regard de notre volonté d’enrichissement.
Aujourd’hui, l’Afrique meure du SIDA. L’Afrique aurait les moyens de produire des médicaments génériques pour faire face à ce fléau. Mais on trouve plus juste de leur interdire car cela pénaliserait les profits des sociétés pharmaceutiques qui détiennent les brevets de ces médicaments. On accepte sans réagir des millions de morts pour un profit. La liste est malheureusement longue, je ne prends qu’un exemple pour illustrer la dérive de nos société. Chaque années, des millions d’êtres humains meurent parce que l’argent n’est plus un moyen mais une fin. C’est devenu normal de se dire qu’une personne meure parce qu’elle n’a pas d’argent.
L’argent est et doit rester un moyen pour le bien de tous. La société n’est plus un clan, la société c’est l’humanité entière. Nous devons utiliser notre intelligence non pas pour s’enrichir ou faire la guerre, mais pour trouver la façon de faire vivre le mieux possible le plus grand nombre d’individus. Il nous faut impérativement redonner à la société des valeurs humaines comme l’altruisme, la solidarité, la compassion. Nous devons nous interroger sur la société que nous voulons pour demain. Nous interroger sur les valeurs que nous voulons partager. Car une société humaine se construit à partir de valeurs humaines.