Voilà des années que nous sommes englués dans un débat pro et anti-OGM, alors qu’en fait, le débat est plutôt OGM contre BIO. C’est un peu trop
facile d’accoler une étiquette “anti”, compte tenu de la forte connotation négative qu’elle contient. Avec certaines réserves, on pourrait tout aussi bien appeler un pro-OGM un anti-BIO, et dans ce
cas, la connotation négative “anti” serait portée par ceux qui aimeraient voir nos champs remplis de semences brevetées.
Le principal message des pro-BIO (ou anti-OGM) n’est rien d’autre que celui de pouvoir continuer à produire et consommer BIO. Où est le mal? Quelque soit l’évolution des techniques OGM, si des gens
veulent produire et consommer BIO, pourquoi n’auraient-ils pas le droit de le faire?
De même, si certaines personnes ont foi dans les OGM, elles doivent elles aussi pouvoir le faire. Mais pour cela il faudrait que les cultures OGM ne nuisent pas aux cultures BIO.
Nous touchons là, le coeur du problème des OGM. Il est impossible à une parcelle OGM de cohabiter avec une parcelle BIO. Et le problème est d’autant plus épineux qu’une parcelle OGM peut contaminer
une parcelle BIO sur de très grandes distances.
BIO et OGM représentent deux secteurs économiques distincts. Les deux ont le droit de prospérer. Mais la liberté de l’un ne doit pas être entravée par la liberté de l’autre. Comme dit le
proverbe:
La liberté de chacun s’arrête où commence celle du voisin.
Le meilleur argument pour promouvoir les OGM, serait donc de garantir à ceux qui veulent produire et consommer BIO qu’ils pourront continuer à le faire. C’est malheureusement l’inverse qui se
passe. Comme on sait que les OGM porteront un sérieux préjudice au BIO, on fait tout pour rendre ce préjudice légal...
Par exemple, pour qu’un agriculteur BIO ne puisse pas se retourner contre un autre agriculteur qui aurait contaminer ses cultures en cultivant des OGM, on vote des lois pour autoriser les OGM dans
le BIO. Comme cela on pourra dire à l’agriculteur BIO: “vous pouvez continuez à vendre sous le label BIO, vous n’avez donc subit aucun préjudice”. La grande majorité des lois sur les OGM
qui sont votées aujourd’hui, ne servent qu’à protéger l’industrie des OGM contre les préjudices qu’elle fait subir à l’agriculture BIO et à l’environnement.
C’est l’inverse qu’il faudrait faire! Dire: “Ok, vous voulez cultivez des OGM? d’accord, mais au moindre préjudice causé à l'environnement et à l’agriculture BIO, vous serez tenu pour
responsable”. Pourquoi les industries OGM n’acceptent pas cette contrainte? Car à les écouter, tout est sous contrôle...
Cet acharnement à mettre en place des lois pour protéger l’industrie OGM des préjudices qu’elle fera subir, est en soi un aveu. L’aveu que le processus n’est pas autant maîtrisé que ce qu’on veut
bien nous faire croire, l’aveu que la contamination est inévitable, et surtout l’aveu que développer les OGM, c’est faire disparaître le BIO.
Au-delà de tout argumentaires scientifiques trop souvent partisans, en tant que pro-BIO, je ne demande qu’une chose: Pouvoir garder la liberté de pouvoir produire et consommer BIO. Si les OGM nous
privent de cette liberté, quelques soient les arguments scientifiques, je ferai partie des gens qui s’y opposeront en défendant le droit de produire et consommer BIO!
Entre OGM et BIO, j'ai choisi mon champ...