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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 11:35

Quoi qu’on en pense, s’opposer aux OGM n’est pas forcement le meilleur moyen de garantir nos libertés. D’abord parce que celà nous place dans une démarche de négation, or les formules négatives remportent rarement un grand succès auprès de l’opinion, et surtout parce que cela place de facto l’industrie OGM comme des victimes, image qu’elle sait employer de manière subtile dans les médias pour s’assurer le soutien d’une partie de l’opinion.

Or, ce que nous voulons avant tout, c’est préserver nos libertés. Notre énergie doit donc se concentrer dans ce but.

La première des libertés et de pouvoir choisir ce que nous mangeons. Par exemple, le label AB qui pendant longtemps nous garantissait la non-présence d’OGM est devenu tolérant aux OGM. Or, beaucoup de gens souhaitant éviter les OGM se fient encore aujourd’hui à ce label. Il est donc urgent d’agir pour que la réglementation préserve cette liberté du consommateur qui est de savoir ce qu’il mange. Cela implique deux choses.

 - La première, si un aliment contient des OGM (à partir du seuil de détection), cela doit être mentionné sur l’étiquetage. La question n’est pas de savoir si cela à un effet ou pas sur la santé. La question est que nus devons garder notre liberté de savoir ce que nous mangeons. Si aujourd’hui, on est capable de mettre « traces d’arachides » sur un paquet de biscuit, à plus forte raison on doit pouvoir savoir si le produit qu’on achète contient ou non des OGM, de manière directe, ou indirecte (animaux nourris aux OGM).

 - La deuxième, avoir le droit de préserver un label qui garanti la non-présence d’OGM. Puisque le label européen et le label AB sont tolérant aux OGM, il est important que la réglementation protège un label qui permet au consommateur de s’appuyer sur celui-ci sans avoir à déchiffrer toute l’étiquette.

http://www.biocoherence.fr/images/media/6.jpgFort heureusement, après la perte d’intégrité du label AB, un nouveau label a vu le jour, le label « bio cohérence ». label qui garanti la non-présence d’OGM. Mais un label trop discret pour l’instant, il est donc important d’en assurer la promotion et d’inciter les producteurs à suivre le mouvement.

La deuxième des libertés qu’il nous faut préserver, c’est celle de pouvoir continuer à produire sans OGM. Aujourd’hui, il n’existe aucune protection contre la contamination OGM. Si comme elle le prétend l’industrie OGM maitrise sa technologie, alors dans ce cas, elle doit garantir la non contamination de l’environnement et des cultures voisines. En cas de contamination, le préjudice doit être reconnu et doit donner droit à une indemnisation de la part du contamineur.

Ces deux libertés sont aujourd’hui fortement menacées. L’industrie OGM consciente que ces deux libertés seraient un frein à leur développement, utilise la force de son lobby pour les réduire, voir les faire disparaitre. Il est donc très important de ne plus mettre les industries OGM du côté des victimes qu’on empêche de travailler, mais de défendre nos libertés qu’elles souhaitent nous enlever. De mettre notre énergie dans une démarche positive vis-à-vis de l’opinion qui est celle de préserver pour nous et nos générations futures les libertés légitimes énoncées plus haut.

Une autre liberté est celle de disposer d’un sol de qualité suffisante pour permettre à la Terre de nourrir l’humanité. Aujourd’hui, nous savons mesurer la qualité de l’air, la qualité de l’eau. Conformément au développement durable que tout le monde veut mettre en place, il devient urgent de s’assurer qu’une pratique agricole ne dégrade pas le sol. Nous savons qu’un sol fertile est un sol vivant, et que moins il l’est plus la quantité de produits phytosanitaires doit combler cette perte de vie. Il est donc important de défendre le fait qu’aucune pratique agricole ne dégrade la qualité nourricière de la terre.

Ainsi sans s’opposer aux OGM, défendre ses quelques libertés que tout le monde trouvera légitimes réduira fortement le champ d’action des industries OGM. L’action écologique ne sera plus vu comme un mouvement qui s’oppose, mais comme un mouvement qui protège et défend les libertés les plus fondamentales.

L’industrie OGM ne sera donc plus placée comme une victime (ce qui lui rend service), et pourra être libre de s’exercer dès l’instant qu’elle ne remet pas en cause nos libertés fondamentales et légitimes. Si nos libertés ne peuvent être garanties, alors c’est à l’industrie OGM de revoir sa copie.

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Published by Genfi - dans écologie
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commentaires

soulafati 19/12/2010 18:13



Je ne connaissais pas ce nouveau label. Merci pour l'info :)


joyeuses fêtes à toi et ta famille



Genfi 19/12/2010 18:23



Très bonnes fêtes à toi aussi.



Marie-Lore 19/12/2010 16:57



Oui, il est temps de définir.... Moi avec les oeufs par exemple, je sais ce que j'achète et en dehors du 1 ou du 1, il est hors de question que je mette
des oefs dans mon panier ;o)


Oui il est temps qu'on fasse la même chose avec le bio, parlons en tous à nos proches et les choses bougeront. De toute façon, elles
bougeront.


Merci à toi d'être le messager!


Bonne préparation de Noël! :o)



Genfi 19/12/2010 17:04



Merci, bonne prépa de Noël à vous aussi.


Et gardons confiance, les choses finiront par bouger.


 


bisous.



Tristan 19/12/2010 16:30



Salut Genfi, 


Je te remercie encore une fois ici pour le relais d'info que tu fais. La tolérance aux OGM du label AB, je l'ai découvert chez toi. Je suis plus que surpris, c'est affligeant !
C'est aberrent de faire du bio OGM.


Mais est-ce de cela dont il s'agit, par exemple, est-ce que l'on fait des gâteaux label AB avec de la farine de blés bio produite avec des OGMs? J'en sais rien, mais j'en doute. Si c'est le cas
ce serait en effet une totale aberration et une tromperie grave. Mais s'il s'agit d'avoir rendu tolérant le label pour ne pas le fermer à des méthodes de production qui peuvent laisser d'infimes
traces de produits OGM, alors, je ne suis pas sur qu'il faille trop s'agacer.


Hier je demandais à ma boulangère pourquoi elle ne faisait pas du pain bio. Elle me disait, parce que c'était parce que le label était trop contraignant. Ce n'est pas seulement la farine, mais
l'eau qui doit être de source, garantir qu'il n'y aura pas mélange de poussières de farine bio et non  bio... bref on est obligé d'être 100 % bio ou 100 % non bio ce qui est pour moi idiot.
Extrémiste.


Par exemple, dans le pain, ce serait une mesure de santé public que de faire des pains à la farine Bio, juste ça, pour éliminer les pesticides accumulés dans les farines de pains au blés complets
non bio. En gros que 99% des ingrédients du pain soi Bio serait une bonne mesure, mais on ne pourra pas le vendre comme pain bio, donc il rentre dans un no mans land dans se reconnaissance de
produit de qualité qui préserve la santé.   


Je trouve en France que nos habitudes aristo bureaucratique nous font manquer de réalisme et bloque l'expansion des progrès à cause de notre jusqueboutisme bureaucratique et normatif.


Le tout ou rien, ça reste longtemps et le plus souvent le rien pour la plupart des gens, donc on continue d'avaler des pesticides ou des farines blanches qui dégradent la santé alors que la
tolérance aurait depuis longtemps émanciper le pain bio en boulangerie.


Les anglais ont un label qui se rapproche du bio et qui est vulgarisé depuis longtemps dans les céréales que mangent nos voisin d'outre manche. Le conversation grade, qui garantie une agriculture
respectueuse des sols et la production sans conservateurs... je ne sais plus si ils ont éliminé les pesticides dans ce label.


Ne devrions-nous pas nous inspirer de ce type de développement entre le tout et le rien pour accélérer le développement d'un mieux manger et un plus grand respect de la nature ? 



Genfi 19/12/2010 16:47



En fait, le label AB accepte une contamination OGM jusqu'à 0.9% En fait, le label interdit toujours l'utilisation volontaire des
OGM, mais tolère la contamination.... quand on pense que le seuil de détection OGM est à 0.1%...


tu trouveras sur ce lien les comparatifs du cahiers des charges des labels


http://www.biocoherence.fr/images/media/Telechargement/tableau%20comparatif%20des%20grands%20critres%20bc%20ue-v2.pdf


 


Raison supplémentaire pour encadrer la contamination OGM et ne pas la laisser devenir "naturelle"...


 


Alors c'est vrai tu as raison, peut-être qu'il serait utile de de faire du presque bio pour encourager la démarche car au final,
si déjà la farine est bio c'est déjà pas si mal. Mais là encore c'est un problème d'information. et comment définir le prix du presque bio sans que cela engendre des dérives. C'est dire qu'on
boulanger mets 0.1% de farine bio et écrit "fait avec de la farine bio" car dans l'absolu, dès qu'il en a utilisé ne serait-ce qu'un gramme, il a bien utiliser de la farine bio.


 


Peut-être faudrait-il un étiquetage comme pour l'énergie (A B C D E F G H) A pour le bio complet, H pour le non bio
total.


 


Ceci dit, les OGM sont un débats qui dépasse le cadre bio ou non bio car nombreux sont ceux qui ne souhaitent pas en avaler et
être informés si ce qu'ils achetent en contient.


 


A suivre...


 


en tout cas, cela rejoint la réflexion de font de l'article, il est temps de définir



esther 19/12/2010 13:12



j'adore, c'est effectivement cela qu'il faut faire, chacun sa liberté! Je me suis empressé d'envoyer le lien vers cet articcle vers quelques personnes suceptibles de bouiger dans ce sens...merci
Genfi, c'est un article important à mon sens.


 


Bises tendres



Genfi 19/12/2010 14:02



Merci à toi.


 


bisous.



Mamapasta 19/12/2010 12:21



tere vivante....il faudrait que les écoles forment des personnes qui sachent le mesurer...Qui va le faire après les Bourguignons?


Vive notre droit à la liberté, je n'ai pas encore croisé ce label sur un emballage...mais je guette, en attendant, je privilégie Nature et Progrès....


 



Genfi 19/12/2010 14:02



Oui, c'est vrai il faut mettre en place des formations ainsi que des indicateurs. Mais ça on sait faire, il suffit de mettre
autour d'une table les bonnes personnes et définir correctement tout ça. Ne serait-ce que la densité de vers de terre au metre carré c'est déjà un bon indicateur.


bises.