Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 juillet 2007 1 09 /07 /juillet /2007 10:18

J’affirmais dans un précédent article que je croyais profondément que l’être humain était bon, et je précisais que je détaillerai ce point de vue dans un prochain article. C’est donc le sujet du jour:

L’homme est-il bon par nature?

En interrogeant google, on s'aperçoit que cette question en taraude plus d’un. Je n’ai certes pas la prétention d’apporter une réponse définitive à cette question, j’ai juste envie de partager ma conviction. Car c’est une conviction! Si je n’en étais pas convaincu, ce blog n’aurait certainement jamais vu le jour. 

Inconsciemment, même si nous ne le disons pas, lorsque nous disons que l’homme est bon ou mauvais, cela sous-entend toujours bon ou mauvais envers les autres êtres vivants qu’ils soient humains ou animal. Quelqu’un qui ne fait de mal à personne est d’office qualifié de bon. A l’inverse, dès que l’on nuit à autrui sous quelques formes que ce soit, il devient difficile d’être rangé du côté du bien. Être bon ou mauvais relève donc de notre relation aux autres.

Il est vrai que lorsqu’on regarde le monde dans lequel on vit, il est difficile de croire en la bonté de l’homme. Tant de guerre, tant de conflits entre nous. Pourtant je n’arrive pas à croire que l’homme soit fondamentalement mauvais. Chacun de nous ne cherche qu’une chose, être heureux, et tant qu’à faire éviter la souffrance. Comment imaginer que faire souffrir les autres puisse être dans notre nature quand nous sommes tous préoccuper par cette même envie de bonheur? Si l’on part du principe que la bonté est naturelle, alors c’est que quelque chose est à l’origine de nos comportements de haine envers les autres. quelque chose vient masquer cette bonté naturelle. A l’image d’un couteau qui est un ustensile bien pratique pour éplucher un fruit, ou une arme redoutable lorsqu’on l’utilise contre un être vivant, nous avons la possibilité d’être bon ou mauvais. La différence réside dans la motivation avec laquelle nous agissons.

Alors qu’est-ce qui nous motive à agir avec de la haine?

Là encore, les réponses ne sont pas simples et je pense que chacun d’entre vous à ses propres réponses. En tout cas, le constat que je fais, c’est que nous passons notre temps à nous diviser, nous classer dans des catégories, des groupes. On pourrait simplement tous se considérer comme des êtres humains, mais on préfère se diviser en race, en nationalité, en groupe avec une quelconque spécificité comme la religion, la culture, les choix politiques ou simplement les goûts ou l’orientation sexuelle.

De ces divisions naissent les tensions entre nous. Nous ne voyons plus l’autre comme un semblable, quelqu’un qui pourrait nous sauver la vie par le don de son sang ou d’un organe, mais voyons l’autre comme un rival. Rivalité que nous entretenons par une compétition journalière que notre société nous impose. Il faut toujours se comparer aux autres et plus encore les dépasser. Il ne faut pas être heureux, il faut être plus heureux que les autres, il ne faut pas être à l’aise, mais plus riche que les autres. Si l’autre est meilleur, nous ne savons pas être content pour lui, nous préférons la jalousie. L’autre nous permet de nous situer, et c’est un paradoxe, nous avons besoin de l’autre, mais nous le voulons moins fort, moins riche, moins heureux. Nous nous focalisons sur notre bien-être et notre bonheur, en faisant total abstraction de ce que peut ressentir l’autre. Sa souffrance n’a pas de réalité particulière, seul compte notre douleur, nos frustrations qu’il faut absolument faire disparaître.

 A l’inverse, lorsque nous voyons les autres comme des semblables, des autres « nous », nos comportements deviennent plus altruistes, nous prenons conscience naturellement de la souffrance de l’autre, car il y a de fortes chances que la souffrance de l’autre soit la même que la notre. A partir de là, nous ne sommes plus en compétition, mais en collaboration, l’autre n’est plus notre rival mais notre partenaire, nous ne cherchons plus à obtenir le meilleur pour nous-mêmes mais le meilleur pour le plus grand nombre. En prenant conscience de l’autre, l’homme devient naturellement bon.

 Voilà pourquoi je pense que l’homme est naturellement bon, car lorsqu’il met de côté son égoïsme et s’ouvre à l’autre, sa bonté se révèle naturellement. L’homme n’a pas besoin de devenir bon, mais a juste besoin d’arrêter d’être mauvais.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Laduguie philippe 03/03/2010 17:56


9. Prétendre qu'un homme peut obtenir le salut par ses propres efforts et ses bonnes oeuvres, c'est un non-sens. Ceux qui gouvernent le monde et les professeurs de morale disent : « Devenez bons en
faisant le bien. » Mais moi je vous dis : « Soyez bons vous-mêmes avant de faire le bien, alors vous accomplirez spontanément de bonnes oeuvres, parce que votre vie aura été renouvelée et sera
devenue bonne. Seul un insensé pourrait prétendre que les fruits amers d'un arbre sauvage deviendront bons pourvu que cet arbre continue pendant assez longtemps à en produire. La vérité, c'est
qu'un arbre sauvage ne donnera de bons fruits qu'à la condition d'être greffé avec un bon arbre ; ainsi, ce qu'il y a en lui d'amer mourra peu à peu, à mesure que la vie du bon arbre pénétrera en
lui et ses fruits prendront la saveur de ceux de l'autre arbre. C'est ce que nous appelons une nouvelle création. De bonnes oeuvres sont alors le fruit de cette vie nouvelle née du salut, et ce
fruit demeure éternellement.

    10. Beaucoup savent par leur propre expérience que la bonté naturelle de l'homme ne peut ni procurer la vraie paix de l'âme ni donner l'assurance de la vie éternelle ou du salut.
Cela se voit dans le cas du jeune homme riche qui vint m'interroger sur cette question là. Il me demandait ce qu'il faut faire pour devenir bon et avoir la vie éternelle (Mat. 19 : 16-22). Tout
d'abord, il n'avait aucune idée juste sur ce que j'étais, de même qu'un grand nombre des hommes d'aujourd'hui, instruits selon le monde, mais pas selon Dieu. Il pensait que j'étais un de ces
docteurs dont la vie ressemblait à un sépulcre blanchi et qui n'avaient pas un atôme de bonté vraie à leur crédit. Je lui dis donc : « Pourquoi m'interroges-tu au sujet de ce qui est bon ? Il n'y a
pas de bon que Dieu seul. » Il ne sut pas reconnaître en moi le seul bon, celui qui donne la vie et, lorsque je m'efforçai de le faire entrer dans ma communion, pour faire de lui un homme vraiment
bon et lui donner la vie, il s'en alla tout triste. Une chose ressort clairement de son exemple, c'est que son obéissance aux commandements et ses efforts pour devenir bon n'ont pas suffi à combler
ses besoins ou à lui donner l'assurance de la vie éternelle. Si ses bonnes oeuvres lui avaient procuré la paix, il ne serait pas venu m'interroger ou, s'il était venu néanmoins, il ne serait pas
parti tout triste mais, après avoir
entendu mes paroles, il s'en serait allé plein de joie. Paul, au contraire, qui me comprit parfaitement, atteignit aussitôt son but car, au lieu de devenir triste, il laissa tout et me suivit
(Phil. 3 : 6-13). C'est ainsi qu'à ceux qui renoncent à se confier en leur propre justice pour me suivre, je donne la vraie joie et la vie qui demeure à jamais. .

                                   



lucas 27/02/2010 14:18


bonjour, jai ce texte à travailler, pourriez-vous m'éclairer ?

« On pose la question de savoir si l’homme est par nature moralement bon ou mauvais. Il n’est
ni l’un ni l’autre, car l’homme par nature n’est pas du tout un être moral , il ne devient un être moral que lorsque sa raison s’élève jusqu’aux concepts du devoir et de la loi. On peut cependant
dire qu’il contient en lui-même à l’origine des impulsions menant à tous les vices, car il possède des penchants et des instincts qui le poussent d’un côté, bien que la raison le pousse du côté
opposé. Il ne peut donc devenir moralement bon que par la vertu, c’est-à-dire en exerçant une contrainte sur lui-même, bien qu’il puisse être innocent s’il est sans passion. La plupart des vices
naissent de ce que l’état de culture fait violence sur la nature et cependant notre destination en tant qu’hommes est de sortir du pur état de nature où nous ne sommes que des
animaux. »


Emmanuel Kant


Questions


1. Dégager l’idée principale et les étapes de son argumentation.


2. Expliquer ce qui signifie :


a. « l’homme par nature n’est pas du tout un être moral »;


b. « il possède des penchants et des instincts qui le poussent d’un côté, bien que la raison le pousse du côté opposé »;


c. « l’état de culture fait violence à la nature »;


d. « innocent » dans le contexte


3. Etre moral, est-ce contrarier ou suivre la nature?
 


viedaltruiste 11/02/2010 14:04


Je me permet ce commentaire tardif pour signaler que dse expérience ont été menées sur ce sujet et que l'empathie serait innée d'après certains scientifiques. Ce qui tendrait à prouver que Rousseau avait bien raison.


sofiane 24/02/2009 16:07

En fait ce que moi je me demande plutot c'est si le bien qui vient avant le mal. Le 1er internaute a dit que si l'homme mettait de coté sa jalousie, son envie, bref tous ses défauts l'homme serait bien.Cependant cela n'implique pas forcement que celui ci serait naturellement bon car il pourrait bien aussi mettre son bon coté de coté (excusez moi de la répétition mdr)mettant ainsi en exergue sa "partie noire" ses défauts...Mais entre la bonté et la méchanceté qu'est ce qui vient en 1er ? Là est la question car prenons déjà l'exemple d'un enfant quand il ,tète il prend souvent gout a mordre sa maman ou a la griffer et pourtant il n'est pas en ce moment en ontact avec la societe ce qui pourrait nou pousser a affirmer que lom n'est pasb de nature bonne.et info selon les philosophes lom ne vivant pa en societe né plu un om mé une piertre ou une brute

volle-terrienne 22/04/2008 19:34

Je suis d'accord avec vous quand vous dites que les animaux ont bien des sentiments, des emotions, je n'ai pas dit le contraire, c'est une hypothèse envisageable. Cependant dire que la science commence à penser que les animaux veulent le bien et le mal est totalement faux. Pour vouloir le bien ou le mal, il faut avoir une conscience, ce que les animaux n'ont en aucun cas. De la même manière, ils n'ont pas de raison. Or la volonté viens de la conscience, la raison, et aussi l'entendement (la liberté aussi mais je n'en discuterai pas, tant cela est évident que les animaux ne sont pas libres : il dépendent de leur instinct). Les animaux ne possèdent aucune de ces qualités, qui je le répète ne sont attribuables qu'à l'homme. En ce sens, je ne comprends comment vous pouvez affirmer que la science aurait tendance à penser que les animaux puissent vouloir le bien ou le mal. La science n'a jamais avancé cela! Ils ont des sentiments peut-etre, mais jamais de volonté et donc encore moins avoir une "morale"(connaissance du bien ou mal).J'aimerais aussi dire qu'il convient que la science ne pourra jamais montrer que l'homme est bon ou mauvais par nature. D'une part, l'homme à l'état de nature ne peut pas etre observé, il n'existe pas, l'état de nature étant une théorie avancé par certains philosophes, ensuite on peut opter pour cette explication ou pas. D'autre part, je trouve que la science ne peut que prouver des choses "concretes" comme vous l'avez dit. Or la morale n'a rien de concret, c'est une idée, qui prend place dans l'intelligible (dirait Platon), et non dans le monde sensible dans lequel la science est limitée. Il convient également que la science doit chercher des réponses dans son domaine, et non dans celui de la Métaphysique (la métaphysique étant "ce que la science n'explique pas, ce qu'il y a après la science").Aussi, l'avantage que vous vous attribuez par rapport à Rousseau et Kant, est déplacé, je trouve. Réduire au simple fait que vous "n'ayez pas vocation à être un grand philosophe" pour justifier votre prise de position sans arguments n'est pas une bonne chose. Et Rousseau et Kant ne sont pas nés grands philosophes, ils le sont devenus. C'est par la réflexion en majore partie qu'il le sont devenus. La logique, la raisonabilité, la rationalité, et l'enchaînement de leur argumentation m'a convaincue totalement, tant tout ce qu'ils ont dit se tient et n'entre pas en contradiction. Je suis prête à vous croire quand vous dites que l'homme est bon par nature, seulement le contenu de votre argumentation est fort contestable(je trouve), et manque des quatre qualités que j'ai évoqué ci-dessus(Logique-raisonnabilité,rationnalité-sens) que je prétends trouver chez Rousseau et Kant. Et à ce jour je n'ai ass encore trouvé de meilleure raisonnement que chez ces deux philosophes. Il ne suffit pas d'etre certain de son idée pour etre dans le vrai, il ne suffit pas de la prétendre, il faut encore pouvoir lui trouver une justification droite et sans contestation possible.Je n'arrive pas à vous comprendre, tant dans votre position que dans votre raisonnement, mais plus encore dans votre entêtement et votre détermination.

Genfi 23/04/2008 00:04


En effet, nous avons du mal à nous comprendre...

En tout cas, j'aimerai bien combler mon ignorance et avoir une preuve irréfutable que les animaux n'ont pas de conscience. Si vous avez un texte de référence admis par tout le monde, je suis
preneur. Et peut- être pourrions nous ensuite débattre de ce qu'est la conscience.

Pour revenir à notre sujet, je n'ai jamais prétendu être dans le vrai. De même qu'être certain de son idée ne garanti pas que l'on soit dans le vrai, ne pas pouvoir lui trouver une justification ne
suffit pas à dire que l'on se trompe. Je reconnais  mon entêtement et ma détermination à croire en la bonté de l'homme. Vous en conviendrez, c'est un entêtement qui ne fait de mal à
personne... Je reconnais que mes arguments sont simplistes, mais je peux au moins les relier à ma propre expérience. Ce qui m'importe, c'est que la question de la bonté de l'homme n'a rien
d'anodine, la réponse peut complètement influencer la manière dont les gens vivent ensemble lorsqu'ils forment des sociétés humaine. Quelles seraient les principales différences entre une société
qui pense que la nature de l'homme est mauvaise et une autre qui pense que cette nature est bonne?

Pourquoi pensez vous qu'il est impossible de se relier à sa véritable nature lorsque nous sommes sous l'influence d'une culture? Ne peut-on pas obtenir un élément de réponse par l'expérience
directe? car nous somme tous de l'espèce humaine. Si l'on abandonne les raisons de la colère et de la haine que reste t-il?

Vous pouvez m'aider si vous le voulez à argumenter ma conviction, mais jamais vous n'arriverez à me faire changer d'avis quant à la bonté naturelle de l'homme.  On dit que seul les imbéciles
ne changent pas d'avis, mais comme je le disais si maladroitement, j'ai fait ce choix pour des raisons précises. Je suis donc un imbécile heureux...

Sur ce, il se fait tard, je vous souhaite une bonne nuit.