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12 avril 2007 4 12 /04 /avril /2007 07:49
C’est une évidence, il nous faut manger pour vivre. Et dès les premiers cours de sciences naturelles, le décor est planté, nous faisons partie des prédateurs... Notre place dans la chaîne alimentaire ne laisse aucun doute à ce sujet. L’homme est omnivore et doit consommer aussi bien des végétaux que des animaux. C’est du moins ce que l’on nous dit depuis que nous sommes tout petit...

Nous pouvons en effet manger de tout, aussi bien de la viande que des légumes. Mais le devons nous ou simplement le pouvons nous..? Malgré les idées reçues, l’homme pourrait très bien se satisfaire d’un régime végétarien. Il y a suffisamment de personnes qui ont fait ce choix et qui sont en bonne santé pour se rendre compte que c’est possible. Manger de la viande et donc un choix. Un choix de facilité, un choix gustatif. Même si certains prétendent que manger de la viande est d’une nécessité absolue pour l’être humain, il n’en demeure pas moins qu’on peux vivre aussi bien et aussi longtemps sans manger de viande. Et c’est d’autant plus vrai que le régime végétarien n'exclut pas les oeufs et le lait, riches en protéines animales.

Mais au-delà du débat végétarien ou carnivore qui relève du choix de chacun, il y a un vrai débat à mener sur ce que nous sommes prêt à faire pour consommer de la viande. Aujourd’hui, la majorité de la viande que nous consommons provient de l’élevage industriel. Or, dans le contexte actuel de réchauffement climatique, de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, de problèmes de raréfaction des ressources en eau, l’élevage industriel apparaît comme une aberration écologique, ce que j’ai déjà détaillé dans un précèdent article. Mais plus encore, l’élevage industriel nous impose de perdre une partie de notre humanité.

Si au début, c’est sur de simples considérations écologiques que j’ai limité ma consommation de viande industrielle, c’est maintenant parce que je ne veux plus cautionner par mon silence et mon acte d’achat des méthodes d’élevage indignes d’une société qui se dit humaine et civilisée que je renonce tout simplement à la viande industrielle. Aucun propriétaire d’animal de compagnie n’accepterait de voir souffrir son animal comme souffre un animal destiné à l’alimentation humaine. On n’accepterai même pas que notre chien ou notre chat ne vive qu’un seul jour dans ces conditions. Alors que nous sommes prêt à dépenser des fortunes pour soigner, limiter la souffrance, augmenter le bien-être de notre animal de compagnie, nous considérons les animaux destiner à notre alimentation comme déjà mort à la naissance, ne justifiant même pas un comportement humain de notre part, ni même notre compassion.

Ce n’est pas parce que nous devons ou nous voulons manger des animaux, qu’il nous faut renoncer à notre humanité. Pour économiser quelques centimes d’euros sur le prix d’achat de la viande nous sommes prêt à accepter des pratiques barbares. Les animaux sont des êtres sensibles au même titre que nous, c’est-à-dire qu’ils éprouvent par leurs sens la souffrance, la douleur, la tristesse, le bien-être, l’affection etc. Parce que nous avons choisi de les manger, nous faisons comme si tout cela n’existait plus. Nous les privons de leur caractères vivants et sensibles pour ne les considérer que comme un steak sur pattes.

Je suis convaincu que si la majorité des consommateurs voyaient la façon dont les animaux d’élevages sont traités, la quasi totalité dirait “stop, nous voulons manger de la viande mais pas comme ça!” J’en suis persuadé. Nous avons les moyens de traiter avec plus d’humanité les animaux que nous choisissons de consommer, l’argument du prix ne peut pas, ne doit pas nous faire renoncer à nos valeurs humaines.

Lorsque nous achetons de la viande industrielle, notre acte d’achat cautionne ces pratiques, certes par ignorance, mais cette ignorance est par moment bien confortable... Ne pas savoir ce qui se passe derrière les murs d’un élevage industriel, nous évite d’avoir le moindre problème de conscience. Cela nous permet d’imaginer des méthodes d’élevages respectueuses de nos valeurs humaines, alors que ces valeurs on bel et bien disparu!

Si le coeur vous en dit, vous pouvez visionner une vidéo en anglais soustitrée détaillant les souffrances que subissent les animaux pour notre "bien-être" et notre confort... La vidéo est un peu longue, mais pour quiconque veut savoir pourquoi de plus en plus de gens renoncent à la viande... La vidéo a été mis en ligne sur le site de Zara.

http://zara-ecolo.over-blog.com/article-5785742.html



Pour qui est imprégné de compassion, consommer de la viande est aussi effroyable qu’une mère qui dévorerait la chair de son propre enfant. Matthieu Ricard. La citadelle des neiges

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Published by Genfi - dans écologie
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commentaires

bullesdesoie 06/05/2007 18:56

Ton article me fait rebondir sur un documentaire qui passe en ce moment même (plus pour longtemps, donc précipitez-vous) dans certaines salles de cinéma : "We feed the world" ou "Le marché de la faim". Réalisation : Erwin Wagenhofer, autrichien.
Selon l'écrivain Jean Ziegler, l'agriculture mondiale, dans son état actuel, pourrait nourrir 12 milliards d'individus sans difficulté. A partir de ce postulat, le réalisateur Erwin Wagenhofer dresse un panorama de l'industrie agroalimentaire mondiale et de ses dérives.¨Pourquoi chaque jour à Vienne jette t-on la quantité de pain qui pourrait nourrir la 2ème ville d'autriche, Graz ? Et comment expliquer qu'en Amérique latine, 350 000 hectares de terres agricoles soient destinées à la consommation de soja des pays européens, alors qu'un quart de la population souffre de malnutrition ? Avec pertinence, "We feed the world" pointe les effets pervers d'un système international essentiellement mercantile. Inquiétant et édfiant, le documentaire d'Erwin Wagenhofer invite à une nécessaire prise de conscience.

Genfi 08/05/2007 17:50

Il faut absolument que j'aille voir se film. C'est prévu.

Yigo 19/04/2007 14:44

Trés bonne analyse et trés bons commentaires de part et d'autres.Pour moi, tout est dans la mesure. Or, nous sommes dans un monde de démsesures. Produire, produire et toujours plus produire pas pour nourrir mais pour le profit.Alors, viande? végétal? on le voit maintenant avec les OGM. RIEN n'est pur, à moins de produire soi-même. Et encore. On peut être contaminé. Nos animaux de compagnie ? Ont-ils été donné, acheté? Où ? Là aussi. Comment ont-ils été élevé ?... et l'enfant que l'on veut adopté a-t-il été volé, mis au monde dans le but d'être vendu. Et le cycle est infernal pour tout. Il faut toujours se poser la question :suis-je sur le marché mercantile ou sur de l'échange ?Tient. Un lien vidéo (je n'ai pas eu personnellement le temps de tout visionner) mais je crois qu'il suffit de peu et on a idée de quoi il en retourne.Je reviendrai lire des articles. Je ne suis pas le diable pessimisme mais le dieu réalisme (je rougis de confusion tant la modestie subitement fond sur moi !)http://video.google.fr/videoplay?docid=4093730216074063220

Genfi 19/04/2007 18:05

Entièrement d'accord, d'ailleurs je prépare un article sur le sujet.

sandyneige 14/04/2007 16:44

Nous ne sommes pas végétarienne, mais autant que cela est possible désormais on essai de ne plus acheter de la viande qui a "souffert"

en esperant que la viande achetée dans notre coop bio répond à des norme de dignité et de respect de l'animal ...

"notre pain quotidien" pourrait etre un film pour faire réagir les gens et les inciter a manger mieux ...

ha oui, sur le plan financier;

on achetait tout avant en grande surface

depuis un mois, on n'achete qu'a la coop bio, et ... on paye moins cher !

certes on est adherentes , donc on a 10ù, mais meme avec es 10 %, les produit reste plus elevé quand ds le commerce classique;

mais on mange differemment,

la viande, ce n'est plus qu'un fois par semaine le week end, le reste du temps c'esr des vefisteack et des legumes,

comme quoi, manger bio,,ca peut revenir moins cher que le supermarché !

Genfi 14/04/2007 17:24

J'ai également remarqué que manger bio, ne me coutait guere plus cher, voir même je pense dépenser à peu prêt pareil. Ce sont juste les produits qui ont changés.

Reco 13/04/2007 13:00

Voilà qui est dit. J'ai sensiblement la même démarche que toi... se passer de viande par soucis environnemental et puis quand on y réflechis, on se rend compte que ce n'est pas un si grand sacrifice. On deviens donc de plus en plus végéterien. C'est une attitude simple qui si elle est reprise par beaucoup aura de grands effets.

Genfi 14/04/2007 16:39

Oui, cela parait difficile, mais en fait, ça vient assez naturellement tant il y a de bonnes choses à manger. Pour ma part, je n'en epprouve pas vraiment de manque.

Fred 13/04/2007 12:30

C'est bien vrai ça...La souffrance... pour l'argentL'argent des pauvres... qui n'ont pas les moyens d'acheter de la viande fermière...Qui achètent "burger" à la viande de boeuf...Saleté de pauvresIl peuvent pas acheter du bio ? plutôt que du discountSi les gens voyaient le traitement subit par les animaux, il mangerais tout de même de la viandeEt juste un détail...le lait, c'est les vaches..Une vache produit un lait durant 3 ou 4 ans... après couicLes oeufs.. ce sont les poules... en batterie quand elle ne donnent plus couicJe ne suis pas sûr qu'on puisse nourrir 60 000 000 de français (et je ne parle pas du reste du monde) uniquement avec du bio et des méthodes "douces"Je le regrette, et la souffrance des être vivants me révulse.Si je suis d'accord en tout point avec l'analyse... je ne suis pas sûr que la solution soit aussi évidente

Genfi 14/04/2007 16:46

C'est vrai que le lait et les oeufs font également l'objet de productions industrielles, mais il est quand même de plus en plus facile de trouver des oeufs ou du lait bio, dont les animaux sont un petit mieux traiter que les autres... Un petit peu. Mais l'idée, n'est pas de renoncer, l'idée est surtout de changer de méthodes d'élevages, plus respectueuses des animaux que l'on mange. Il est délicat de justifier l'élevage industriel par la pauvreté, c'est évidemment un argument auquel on pense assez rapidement, et la réponse n'étant pas simple, je pense que cela fera l'objet d'un prochain article. En tout cas, à budget équivalent, il est possible de manger autrement.Nous aurons l'occasion d'en reparler, merci pour cette intervention.