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11 février 2007 7 11 /02 /février /2007 17:50
Ban Ki-Moon, le nouveau secrétaire général des Nations-Unies fraîchement élu, affirmait dans un récent communiqué que le réchauffement climatique sapait les efforts de l’ONU pour lutter contre la pauvreté. Combattre le réchauffement climatique ne peut être envisageable que si tout le monde s’y met, c’est-à-dire tous les pays sans exception. Ce qui fait des Nations-Unies le cadre idéal pour espérer trouver une solution.

Ne nous leurrons pas, le réchauffement climatique n’aura pas seulement des incidences sur la température, la biodiversité ou tout autre aspect “physique” de la planète. Il est quasi certain que le réchauffement climatique s’accompagnera de fortes tensions géopolitiques. Suffisamment pour menacer la paix et la sécurité internationale. Lorsque les Nations-Unies ainsi que le groupe international d’experts sur le climat affirment que le réchauffement climatique est la conséquence de l’activité humaine, se pose naturellement la question de la responsabilité.

Si votre voisin par mégarde laisse échapper un polluant dans votre jardin, il n’y a pas d'ambiguïté, la loi vous protège, il devra financer la dépollution de votre jardin. Vous demander le moindre effort ou le moindre argent pour procéder à ce nettoyage vous paraîtrait fortement injuste, d’autant plus que vous avez certainement mieux à faire avec votre argent. Malheureusement, ce principe de responsabilité ne s’applique pas dès qu’il s’agit du réchauffement climatique. Les principaux responsables sont clairement identifiés, il s’agit bien sûr des pays industrialisés, c’est-à-dire: nous. Inutile de s’autoflageller, l’idée n’est pas de se punir ou quoi que ce soit, ce serait contre-productif. Toutefois, nous sommes obligés d’admettre que le développement industriel n’a concerné qu’une faible partie de la population mondiale (environ 20%), mais que maintenant nous demandons à toute l’humanité de participer à la lutte contre le réchauffement climatique.

Alors que nous avons eu la chance de nous développer sans contrainte, nous demandons à toute nation qui essaie de se développer maintenant de limiter son impact sur le réchauffement climatique. Si aujourd’hui, l’augmentation de nos émissions de CO2 n’est plus corrélée avec celle de notre PIB, cela a longtemps été le cas. Par contre pour les pays en développement, la courbe d’évolution du PIB et celle des émissions du CO2 sont évidemment “confondues”.

Une question fondamentale se pose, sommes-nous prêts à assumer notre responsabilité dans le réchauffement climatique en “aidant” les pays en voie de développement à se développer? La question n’est pas anodine. accepterions-nous de payer pour des dommages dont nous ne sommes pas responsables? Nous devons avoir l’honnêteté de réaliser que c’est ce que nous demandons aux pays en voie de développement... Par honnêteté et responsabilité, nous devons participer de manière significative au développement des énergies nouvelles dans les pays en voie de développement. Pas sous forme “d’aide”, mais sous forme d’indemnités aux pays en voie de développement pour avoir eu la “chance” de se développer sans contrainte, mais surtout pour avoir rejeté autant de CO2 dans l’atmosphère au point de ne plus permettre à quiconque d’en faire de même.

Dans cette simple question, se trouve beaucoup de crises à venir. Par exemple. Le monde demande au Brésil de ne pas toucher à ses forêts pour préserver le poumon de la Terre. Quelle solution laissons-nous au Brésil si nous ne le finançons pas pour préserver ses forêts? Le Brésil déforeste à tout va pour vendre ses essences de bois d’une part, et surtout pour cultiver le soja destiné à l’élevage industriel américain et européen. Là encore, nous voulons le beurre et l’argent du beurre... C’est nous qui sommes demandeurs de son soja d’élevage, de ses essences de bois, de son coton, mais c’est nous aussi qui lui demandons de ne pas toucher à ses forêts...

http://www.autresbresils.net/article.php3?id_article=181

Le cas du Brésil n’est pas unique, par exemple, en Indonésie, les forêts disparaissent et avec elles les orangs-outans, parce qu’au final il y a la consommation des pays industrialiser à satisfaire. Plus généralement les pays en voie de développement n’ont d’autre choix que de produire de l’énergie à partir d’énergie fossile. Ça ne coûte pas cher et cela ne requière qu’un minimum de compétences techniques. Si nous voulons éviter un rejet massif de gaz à effet de serre par les pays en voie de développement, nous n’avons pas d’autre choix que de participer à l’installation de moyens de production d’énergie propre pour préserver l’atmosphère que nous partageons tous et que nous avons fortement contribué à dégrader.

Viennent ensuite les problèmes liés aux ressources naturelles, l’eau, le gibier, le poisson, le pétrole, autant de sources de conflits lorsque ces ressources viendront à manquer. L’Afrique qui souffre déjà de beaucoup de maux, sera, d’après les experts du climat, la plus touchée par les conséquences du réchauffement climatique. Alors que c’est certainement un des continents qui a le moins contribué à l’augmentation des gaz à effet de serre, c’est l’Afrique qui risque de pays le plus lourd tribu. Doit-elle affronter cela sans notre aide?

Toute analyse sur le réchauffement climatique ne peut se limiter à des conséquences météorologiques ou naturelles. Nous partageons la même terre et nous savons comment se comportent les hommes dès que le bateau coule et qu’il faut trouver un coupable. Les années à venir, risque de nous faire glisser dans des querelles sans fin si nous n’y prenons pas garde. Nous devons aller vers une vrai communauté de destin, comprendre que pour s’en sortir, il faut souhaiter que tout le monde s’en sorte. Nous devons chacun assumer nos responsabilités passées, présentes et futures. L’homme a tout ce qu’il faut pour y arriver, il ne lui manque que la motivation de le faire.

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Published by Genfi - dans écologie
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commentaires

spqr 19/03/2007 22:26

ça ne va pas chauffer  :-) Réchauffement global : Les chiffres truqués

Genfi 21/03/2007 22:01

Oui je connais ton point de vue sur le sujet, et tu sais que je ne le partage pas...Bien à toi.

Eric 18/02/2007 16:09

Toujours d'accord avec toi. Mais je crois que les pays riches n'ont pas la volonté de changer aussi rapidement de mode vie. Malheureusement, le profit reste une priorité.
Je viens justement d'écrire un article sur le sujet:
http://ilssontfous.over-blog.com/article-5695706.html
Eric

Genfi 20/02/2007 00:06

Oui et tant que le profit sera la seule motivation, il n'y aura pas grand chose à espérer...

MAVERICK 14/02/2007 12:42


à TOUTES et à TOUS...

** Maverick **

Carmen Molina 13/02/2007 17:52

La distinction entre pays riches qui polluent et pays pauvres qui ne polluent pas mais subissent ne rend pas compte de la complexité de la situation : le Brésil par exemple est un pays riche mais dont les richesses sont partagées par une toute petite partie de la population. D'autre part des pays émergents comme la Chine ou l'Inde en voie d'industrialisation massive et donc de pollution aggravante sont en droit de nous dire que nous avons pollué bien avant eux et ils ne peuvent bien entendu pas renoncer à la recherche d'un mieux être qui viendrait beaucoup plus lentement s'ils devaient s'occuper de pollution.  Ceci dit, je suis tout à fait d'accord avec Zara: proposer des alternatives à ceux dont le gagne pain est polluant est non seulement possible mais de notre devoir et c'est une des solutions parmi beaucoup d'autres. Il n'y a pas de réponse simple à cette question.
Carmen

Genfi 15/02/2007 07:58

C'est vrai pas de solutions simples, mais nous nous devons de faire au mieux entre tout ce que nous devons améliorer, les conditions de vie, et la qualité de l'envirronnement, qui au final fait aussi partie des conditions de vie.

stella:0040: 13/02/2007 11:06

Je me retrouve complètement dans le com de Zara et l'approuve.
Moins sensible que toi à ce genre de problèmes que je ne conteste pas mais vis avec plus de recul, je ne suis pas d'avis d'être trop alarmiste et de noircir le tableau. Je ne pense pas la situation aussi catastrophique, ceci à la lecture d'autres démonstrations, d'autres écoles.
Bonne journée Genfi

Genfi 15/02/2007 08:02

souvent les accidents arrivent parce que "jusqu'ici ça passait..." c'est vrai que jusqu'à présent on s'en est toujours sortie, et l'idée n'est pas d'être alarmiste mais plutôt d'avoir une prise de conscience pour pouvoir réagir à temps.