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23 décembre 2006 6 23 /12 /décembre /2006 00:01

La société avance vite, nos cafés chauffent en quelques secondes, nous commandons quelque chose que nous nous faisons livrer en 24h chrono, notre quotidien fourmille d’exemples où le temps nécessaire à quelque chose s’est réduit au minimum.

Le travers de cela, c’est que maintenant, nous ne savons plus attendre. Notre patience s’amenuise au profit du « tout, tout de suite ». Nous n’acceptons plus d’attendre. Que notre ordinateur mette un peu de temps à se lancer et on râle, que le film commence en retard et on râle, que la personne devant nous mette du temps à démarrer au feu vert et on râle…

Les files d’attentes sont devenues interminables, et quand nous y sommes, nous maudissons nos semblables. « qu’est-ce qu’il fout l’autre devant ? trois plombes pour demander un timbre ! », « bon elle le bouge son gros c.. la madame ! ». Notre emploi du temps dépend des personnes qui sont devant nous, et nous n’aimons pas ça ! Ils le font forcement exprès. Ils ont vu qu’on était pressé alors ils prennent leur temps. L’idée que la raison de leur présence dans la file soit plus importante que la nôtre ne nous effleure même pas, que leur emploi du temps soit plus important que le notre : impossible ! Nous sommes la personne qui souffre le plus de cette attente.

 

Pourtant la patience est une belle vertu, mais on se dit qu’être patient c’est accepter de perdre du temps, et nous n’avons plus de temps à perdre. C’est vrai, dans une file d’attente nous ne pouvons pas faire grand chose, mais pourquoi considérons nous ce temps comme perdu ? Parce qu’il ne peut pas être mis à profit pour autre chose ? sommes nous vraiment démunis lorsque nous n’avons rien à faire ? Nous avons pourtant toujours notre capacité d’analyse et de réflexion avec nous, cela ne nous quitte jamais. Mais bizarrement si nous n’avons rien à faire, nous ne savons plus alimenter seul notre réflexion ou notre rêverie. Même cela nous l’avons sous-traité à notre société moderne.

 

Et c’est dommage, car ces temps d’attente peuvent être mis à profit pour faire un petit retour sur soi, réfléchir, philosopher ou simplement rêver. Prendre le temps d’observer les gens, de voir à quel point ils nous ressemblent dans cette course contre le temps. Et si on les observe bien, c’est nos propres défauts que nous voyons. Nous commençons à prendre une sorte de recul, comme si l’on s’élevait au dessus de cette agitation, et on sourit. On sourit de nous-mêmes, de se voir pris dans cette agitation permanente. D’un coup, le temps prend une autre dimension, notre pensée change de rythme et soudain…

 

c’est à nous !

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commentaires

Eric 27/12/2006 11:03

Tout à fait vrai. Très bien dit.

Jo 23/12/2006 19:26

Ton texte est particulièrement actuel... En cette période d efêtes, les queues sont interminables et les gens ne sont plus qu'une boule de stress. C'en est effrayant.
 
J'aime bien ta réflexion sur les autres, qui sont d'auters nous-mêmes... Ca me rappelle le texte de présentation  de mon blog, justement...  http://autrui.over-blog.com/article-4042250.html

Genfi 24/12/2006 13:21

Merci pour ta visite, sympa ton blog!

Marc 23/12/2006 17:45

Notre impatience vient de ce stress qui est notre lot commun par ici. Une petite cure d'Afrique ou d'Asie et tout rentre dans l'ordre, sauf qu'au retour on est considéré comme marginal, voire anormal. Un proverbe africain dit: "Dans un monde qui s'agite, celui qui reste calme est le fou." Bonne Fêtes cool à toi.Marc

Genfi 23/12/2006 18:04

Bonnes fêtes cools et tranquilles à toi aussi

PhÚne 23/12/2006 13:52

La vraie Patience est de ne rien attendre. Demeurer,  tout simplement...

Genfi 23/12/2006 15:12

Oui en abandonnant attentes et craintes on vit l'instant présent avec beaucoup plus de séreinité. Et la vie devient plus simple.

la Muse 23/12/2006 12:22

Voilà qui me fait penser à une expérience traumatisante avec une amis (ben vi...) Nous allions pour faire la queue au restaurant-cafeteria d'un hôtel espagnol (enfin... c'est ce que je pensais...) quand elle double tout le monde et me fait signe "Je ne fais pas la queue avec les cons !" ajouta-telle...Ben... je l'ai laissée partir devant (ça a marché...) et moi... je me suis mise en file derrière les "cons" !(on n'est plus "amies" depuis longtemps...)

Genfi 23/12/2006 15:10

C'est ainsi, certain s'imagine au dessus des autres cons, un vrai roi des cons en quelques sortes....