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21 décembre 2006 4 21 /12 /décembre /2006 00:01
Tous les hommes naissent libres et égaux. difficile de ne pas connaître ce droit fondamental, on l’a tous entendu au moins une fois. Je me suis souvent demandé libre de quoi?

Bien entendu cette question n’a de sens que lorsqu’on naît au bon endroit au bon moment, et mon idée n’est pas de passer sous silence tous les enfants exploités ou abusés. Mais aujourd’hui ma question ne porte que sur la liberté que nous pouvons avoir en naissant par exemple dans un pays occidental comme le notre. On pourrait imaginer qu’il s’agit de la liberté de choisir sa vie. Mais le pouvons nous vraiment? En naissant nous faisons déjà partie d’une société organisée. Nous commençons par l’école et les études en général, puis nous entrons dans la vie active pour travailler. C’est la moindre des choses pour vivre nous avons besoin de revenus, ces revenus s’obtiennent essentiellement par le travail.

Le premier choix que nous pouvons faire, c’est le métier que nous allons exercer. On peut choisir ce métier par passion, par goût pour telle ou telle profession, par sensibilité ou par obligation morale lorsque par exemple on reprend une affaire familiale. D’autre ne feront le choix qu’en fonction de la capacité qu’offre un métier de gagner beaucoup d’argent. Pourquoi pas.
Pour bien fonctionner, une société a besoin d’à peu près tous les corps de métier. Il n’y a donc pas de sots métiers, tout le monde est d’accord là-dessus. Mais plus qu’un métier, nous devons pouvoir faire un choix de vie. Car si nous aspirons tous au bonheur, nos aspirations diffèrent quant au moyen d’obtenir ce bonheur.

A quoi nous sert l’argent que nous gagnons? Les premières réponses sont évidentes, le logement, l’alimentation, la santé, l’éducation et l’habillement. Ces besoins sont tellement naturels qu’il ne viendrait à personne l’idée de les contester. Viennent ensuite les besoins, moins vitaux, mais tout aussi nécessaires à une bonne qualité de vie. Quoi qu’il en soit, si les besoins secondaires ne peuvent pas être couvert entièrement, les besoins vitaux doivent impérativement être couvert par les revenus du travail si on travaille la durée légale.

Nous faisons des lois pour rendre le monde plus juste, et dans ces lois, il y en a qui concernent le travail et plus particulièrement sa durée légale. Cette durée légale doit avoir un sens. Définir une durée légale sous-entend que quiconque travaille la durée légale doit obtenir une rémunération qui lui permette d’assurer au minimum ses besoins vitaux. Ce n’est certes pas dit directement, mais une autre loi fixe le salaire minimum. En combinant les deux, nous devons arriver à l’équation qu’une personne travaillant la durée légale et percevant le salaire minimum doit pouvoir assurer ses besoins vitaux et vivre dignement. De plus payer une personne qui travaille la durée légale au minimum sous-entend que sa fonction ne requière aucune compétence particulière. Mais nous l’avons dit, il n’y a pas de sots métiers. Si le travail existe c’est qu’il est nécessaire à la société. Appelons donc ce travailleur qui exécute une tache ne nécessitant pas de compétence particulière pendant la durée légale du travail et rémunéré au minimum un travailleur de base. Dire “de base” n’a aucun sens péjoratif, c’est une façon de dire qu’il n’y a rien en dessous, et que dès qu’on augmente les compétences nécessaires ou la durée, on est forcement au dessus.

Etre un travailleur de base ne doit pas être une punition. Certes on conçoit facilement que ce travailleur ne pourra pas vivre dans un palace et avoir un jet privé, mais sa vie a le droit d’être un minimum agréable. tout le monde n’a pas forcement envie d’être un bête acharné de travail, un grand patron ou un golden boy. Puisqu’on est libre, on doit pouvoir faire le choix d’une vie simple. Où les moments partagé avec la famille, les proches, les amis on autant de valeur que la satisfaction de quelqu’un qui préfère passer son temps à travailler pour obtenir une reconnaissance ou une fortune. Nous l’avons vu, à chacun de définir le mode de vie que le rendra heureux. Aussi bizarre que cela puisse paraître, beaucoup d’hommes et de femmes se contenteraient d’une voiture plutôt que de la dernière super grosse voiture allemande, d’une télé plutôt que d’un super écran plasma géant, d’un logement plutôt que d’une superbe villa sur la côte etc. Et ce choix là est respectable, car personne ne peut définir pour nous ce qui nous rendra heureux. Comme il n’est pas de sots métiers et que chaque métier est nécessaire à la société, si quelqu’un fait le choix de faire un métier de base, il doit pouvoir en vivre dignement.

Or cette liberté, nous ne l’avons pas! Si nous avons le malheur d’être un travailleur de base, notre vie n’a pas le droit d’être heureuse. Pire que cela, un travailleur de base aujourd’hui, ne peux même pas subvenir à ses besoins vitaux définis plus haut. Il devient un travailleur pauvre. On arrive à la situation qu’une personne travaillant la durée légale du travail n’a pas les moyens de vivre.

Pourtant, nous élaborons des tonnes d’indices économiques, le PIB, l’indice de la consommation des ménages, l’indice des prix, l’indice à la construction et j’en passe, et malgré cela, nous ne sommes pas capable de mettre en adéquation toute ces données. Définir le revenu nécessaire pour vivre dignement, ne doit pas être une chose compliquée. On sait affecter un surface nécessaire par personne, estimer ses besoins alimentaires, ses besoins en formation, en santé. A partir de là on connaît le coût du mètre carré de logement, l’indice des prix etc. il est donc facile de définir la somme minimale nécessaire pour une vie digne.

Mais il faut pousser les gens à la performance, obliger les gens à se dépasser. Etre un travailleur de base doit donc une punition. On ne rémunérera pas le travailleur de base au minimum pour vivre, mais au minimum pour ne pas mourir. Le travailleur de base ne doit pas pouvoir se satisfaire de cette activité pour avoir une vie digne. Ce serait le comble, une vie simple qui conduirait au bonheur, la société nous l’interdit. Se contenter de travailler pour assurer ses besoins vitaux est mal vu. Nous devons tous courir vers plus. Plus de quoi, personne ne sait, mais nous devons courir après. Pourtant ces plus ne nous rendent pas particulièrement plus heureux, il suffit de voir la quantité de tranquillisant que notre société du bonheur consomme, mais nous nous devons d’aller vers ces plus. Même la durée de vie doit être plus. comme si le nombre d’année était plus important que la qualité de vie. Parce que tout le monde court, il faut courir, sinon on gêne.

Il serait grand temps que nos politiques se penchent sur le sort des travailleurs de base, car malgré l’évolution de la société en terme d’éducation et de compétence, de plus en plus de personnes sont rémunérés au salaire minimum. Et c’est de plus en plus rarement par manque de compétence. On refuse l’idée qu’un revenu minimum puisse suffire à vivre et être heureux. C’est même pire que ça, on refuse l’idée que le bonheur puisse être accessible...

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Published by Genfi - dans Réflexion
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commentaires

Mel 21/12/2006 10:50

un texte intérressant à méditer!!!! Pour ma part on m'a poussé à la performence pour me licencier 3 ans après....gâce à la conjoncture alors je dis merci à la société (et je reste polie lol) bonne journée

Genfi 21/12/2006 19:18

Et je crois que le nombre de personne ayant subit le même sort est loin d'être négligeable...

zara whites 21/12/2006 09:54

et oui, maintenant on a plutot l'idée que la liberté est une chose qui s'achete, comme le bonheur. Moi je me raplle de grands moments de bonheur à une epoque ou je n'avais rien.....je me battais pour manger, mais dans ma patite maison a deux sous, devant mon unique chauffage à gaz...ja passais des moments de bonheur incroyable!
je t'embrasse, je suis revenue sur le net, mais encore en plein déménagement...pffff! je vais faire de mon mieux pour etre un peu plus présente!

Genfi 21/12/2006 19:18

Bonjour Zara,Heureux de te lire à nouveau!Bises.

patriarch 21/12/2006 08:53

Il n'y a encore pas longtemps,le travailleur était rémunéré pour pouvoir vivre,se reproduire et élever les futurs travailleurs,c'était un cycle normal pour le patronat. Maintenant,ce n'est plus nécessaire de le faire,il n'y a qu'à.....délocaliser !

Genfi 21/12/2006 19:20

malheureusement, c'est la triste vérité. nous sommes passé d'un cycle vertueux à un cercle vicieux!