Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 23:52
Nous avons tendance à croire que manger bio est un geste écologique. C’est en partie vrai, mais pas systématique...

en fait, plusieurs préoccupations peuvent nous amener à manger bio. L’une d’elle est l’envie de manger sainement pour préserver sa santé. Lorsque c’est cette seule motivation qui nous pousse à manger bio, nous pouvons manger des fraises bio en hiver sans se soucier des kilomètres parcourus et de la pollution engendrée par leur transport. Mais globalement si on mange bio, c’est quand même avec l’espoir d’avoir une démarche cohérente entre santé et environnement.

Toutefois, lorsque je vais à ma coopérative bio, la majorité des fruits et légumes proviennent de contrées fort lointaines... quand aux produits déjà préparés, ils peuvent venir du bout du monde. Alors comment consommer bio et être écolo?

Si je dis cela, ce n’est pas dans l’idée de culpabiliser qui que ce soit, c’est simplement qu’aujourd’hui on nous place devant un choix pas toujours facile à faire...

On sait qu’aujourd’hui, la production bio française ne suffit pas à satisfaire la demande. Certains on la chance de pouvoir être bio et écolo en se fournissant dans une AMAP locale par exemple, mais comme il n’y en a pas assez pour tout le monde, il faut bien que nous importions une grande quantité de produits bio pour fournir les autres. Mais manger des produits bio de l’autre bout du monde, c’est manger des produits qui ont respecté la nature pendant la production, mais qui ne la respecte plus pendant le transport.

Voilà un choix quasi cornélien... Si aujourd’hui nous sommes face à ce choix, c’est essentiellement parce que les pouvoirs publics tardent à développer la filière bio. Alors que la demande de produits bio continue de croître, le développement de la filière bio en France est d’une incroyable lenteur. Alors que la prise de conscience sur la qualité de l’alimentation et l’impact de celle-ci sur l’environnement se généralise, les pouvoirs publics hésitent encore à promouvoir la filière bio de manière efficace.

Et c’est bien dommage, car la transition vers le bio ne se fait pas en un claquement de doigt. La grande majorité des sols sont archi-saturés de produits phytosanitaires, et vouloir passer au bio, commence nécessairement par le “nettoyage” du sol. Il faut attendre plusieurs années avant que le sol puisse permettre la culture biologique. Plus on tarde à effectuer cette transition, plus elle sera difficile. C’est maintenant qu’il faudrait agir.

En attendant, pour que bio puisse rimer avec écolo, il nous faut gérer nos achats bio avec une certaine dose de responsabilité, et, pour revenir à notre exemple du début, éviter de manger des fraises en hiver même si elles sont bonnes et bio...

Partager cet article

Repost 0
Published by Genfi - dans écologie
commenter cet article

commentaires

YiGo 26/04/2009 16:28

Parfois, ce serait aussi d'admettre parmi les producteurs locaux ceux qui ne sont pas bio (pas encore ! ???), mais font de la culture raisonnée. Sincères dans leur démarche et qui, dans ce cas, finiront au bout de quelques années par être bio. Car faire de la culture bio coûte cher à celui qui ne l'est pas depuis quelques années déjà. La reconversion est pire, je pense car l'argent on l'a dépensé ailleurs... déjà.Si dans nos comportements quotidiens on acceptait de lointains que ceux qui vient de nos départements d'outre-mer (je pense à banane etc.) et que l'on ne pense pas que laver avec des noix de lavage vaut mieux qu'une lessive de chez nous qui fait l'effort de produire une lessive la moins polluante possible (il en existe). Pour cela lire un excellent acticle paru dans "la Garance Voyageuse" et lisible en pdf sur le site. C'est édifiant !Oui. En plus, il faut rester vigilent sur les additifs cachés du bio. J'ai assisté à une conférence où même les produits bio étaient mis sur la selette. Vigilence. Vigilence restera donc le maître mot !

mamapasta 10/03/2009 14:17

j'ai entendu que la majorité des gaz à effet de serre dans le transport des aliments se faisait entre la maison et le point de distribution, alors faisons des listes de courses et allons faire nos courses lointaines non perrisable une fois par mois,  et une fois par semaine au maraicher du coin.j'ai de la chance, il y a une belle production de bio qui se développe autour d'ici http://pagesperso-orange.fr/corab/intro.html

dju770 09/03/2009 08:24

Très vrai ! Et c'est aussi valable pour les bananes, les ananas... Ce qui est positif, c'est la prise de conscience de sa responsabilité par le consommateur. Energie, emballages, transport, il y a du boulot !

dju770 06/03/2009 06:15

Le grand mérite des écolos est d'avoir incité à la prise de conscience : maintenant, la mode aidant, la machine a démarré et tout est possible. Attention cependant de ne pas tomber dans l'excès inverse : manger doit rester un plaisir, un partage aussi. Amicalement

nath 05/03/2009 21:05

Curieuse de ce fameux article terminé hier soir, je voulais te féliciter car une fois encore ceux qui soit disant adhèrent en théorie à ces grands principes évidents (ne pas manger de fraises en hiver),  les oublient devant les belles couleurs de l'étalage de leur primeur. Puissent-ils te lire!! Je sais maintenant, grâce à toi, reconnaître les "vrais oeufs bio", je ferai désormais plus attention à la provenance des produits et ne ferai plus confiance les yeux fermés au label bio. Faisons donc cette analyse ensemble dans notre magasin Bio commun.