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20 octobre 2013 7 20 /10 /octobre /2013 08:32

C'est une erreur de penser que nous faisons de la protection animale au détriment des humains. Nous reprocher sans cesse qu'on ferait mieux de s'occuper des humains démontre une mauvaise connaissance de ce qui motive notre action. La protection animale n'existerait pas sans la cruauté des Hommes. Et de manière générale, même la souffrance des humains résulte de manière ultime du manque de compassion de l'Homme envers ses semblables. Au final si tous les êtres sensibles souffrent, qu'ils soient humains ou non-humains, c'est par manque de compassion, d'altruisme, d'empathie, en un mot par manque d'amour.


L'origine du problème n'est donc pas l'animal. Si nous voulons que cesse la cruauté envers les animaux, il serait vain de penser que mettre les animaux à l'abri de cette cruauté serait suffisant. Au contraire, nous ferions comme Sysiphe avec son rocher, nous ferions indéfiniment la même chose sans espoir de les voir changer.


S'il est vrai que de manière urgente nous devons mettre à l'abri les êtres sensibles qui souffrent il nous faut dans le même temps développer la compassion dans les cœurs qui en manquent. C'est la seule façon de prendre le problème dans son intégralité si nous souhaitons voir bouger les lignes. Quand nous nous opposons à la corrida par exemple nous souhaitons que le taureau ne soit plus victime mais nous souhaitons aussi que ceux qui se délectent de sa torture développent leur compassion pour qu'ils réalisent le côté abjecte de ce spectacle sanguinaire. Même si l'action est ponctuellement centrée sur la corrida c'est bien la compassion des humains que nous appelons de nos vœux. Compassion qui quand elle se développe bénéficie à tous les êtres sensibles sans exception.


On ne peut élever l'Humanité qu'en la débarrassant de ce qui la maintient dans la barbarie. Le comportement de nos sociétés envers les animaux exprime le niveau de notre Humanité. Comme le disait si justement Gandhi :


«On peut juger de la grandeur d’une nation par la façon dont les animaux y sont traités.»


Il faut donc voir dans la protection animale autre chose que le simple rejet des humains, il faut y voir quelque chose de bien plus grand, quelque chose qui vise à nous rendre meilleurs, à rendre le monde meilleur en faisant prendre conscience que tous les êtres sensibles, qu'ils soient humains ou non-humains méritent notre compassion. Plus cette compassion se développera, plus l'Humanité grandira. Des gens agissent pour les humains, d'autres pour les animaux, beaucoup agissent pour les deux, au final le problème est bien traité dans son ensemble. Il faut donc éviter de juger les actions de la protection animale sans avoir cette vision d'ensemble de l'Humanité qui avance.

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Published by Genfi
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commentaires

Fériel 23/10/2013 10:03

Absolument d'accord avec cette réflexion, notre compassion envers le monde animale ne peut que témoigner de notre humanité. Pendant quelques temps, je soutenais les actions menées par une association indienne envers les enfants. On m'a aussi dit "mais pourquoi aider ceux vivent à l'étranger alors qu'il y a déjà à faire avec ceux en France ?", j'avais répondu quelque chose de similaire, la fraternité, la compassion, l'amour, n'ont pas de frontières et pas que d'un point de vue géographique!